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Nos critiques

vendredi 18 septembre 2009, par Hendy Abdoul-Déchelotte, Nicolas Prévost

Cette page rassemble les critiques de livres que nous avons lus ou des musiques que nous avons écoutées.

À l’occasion du colloque "Tourisme et Francophonie" qui s’est tenu à Deshaies en Guadeloupe en décembre 2011, le directeur du CODOFIL (Conseil pour le Développement du Français en Louisiane), Joseph Dunn, nous a évoqué en détails la culture francophone louisianaise et nous a fait découvrir l’album de musique créole et cajun "En français", produit par Louis Michot et Bayou Tèche à Lafayette.

Ce magnifique petit album se donne pour objectif "d’apprendre au monde le français cadien et créole par les classiques du rock’n roll interprétés par des artistes de la Louisiane". Le CD compte 15 chansons, sur des rythmes cajun, blues et rock. Parmi elles, on peut y écouter notamment une reprise de Hey Joe (popularisée en son temps par Jimi Hendrix) en français et intitulée Eh Joe :

Eh Joe, ayoù t’es gone avec ton pistolet dans la main
J’ai parti tirer ma vieille
Tu connais, je l’ai trouvée avec un autre que moi
Ouais j’ai partir tirer ma vieille femme
Tu connais je l’ai trouvée avec un autre que moi
Et c’est pas bon non
Eh Joe j’ai entendu t’as tiré ta vieille
Tu l’as tirée ouais
Eh Joe j’ai entendu t’as tiré ta vieille
Tu l’as tirée
Elle est par terre
Ouais, je l’ai fait je l’ai tirée
Tu connais je l’ai trouvée avec un autre que moi
Je l’ai fais je l’ai tirée
Tu connais je l’ai trouvée avec autre que moi
Eh Joe alright
Eh Joe ayoù tu vas courir asteur
Dis-moi Joe ayoù t’es gone
Eh Joe ayoù tu vas courir asteur
Je suis gone en bas dans le Sud
Ouais, là-bas dans la Mexique ouais
Je suis gone en bas dans le Sud
Ouais, là-bas je vais m’en aller
Il n’y a pas de bourreau qui va mettre une corde autour de mon cou
Eh Joe faut tu gones dis "Bye-bye"
À tout quelqu’un
Faut tu gone Joe, asteur

On trouve également une reprise de la célèbre I love rock and roll et intitulée Moi J’aime Rock’n’Roll, sans oublier le serment de fidélité en français à la Bannière étoilée.

Je fais serment de fidélité au drapeau des États-Unis d’Amérique et à la République qu’il représente, une nation sous le regard de Dieu avec liberté et justice pour tous.

Une autre a particulièrement retenu notre attention, le blues de Roadhouse, qui contient une devise importante pour les Cajuns, "laisse les bons temps rouler" :

Garde tes yeux sur le chemin et tes mains sur la roue
Ouais on est gone au roadhouse on va avoir un bien bon temps
En arrière de la maison il y a un cabanon
Et ça c’est pour le monde qui aime aller en bas
Laisse les bons temps rouler
Laisse les rouler toute la nuit
Eh tite fille
Laisser tes vœux
Sauver la ville
Dret asteur
Je m’ai levé à matin et j’ai bu une can de bière
L’avenir est pas clair et la fin est après venir
Laisse les bons temps rouler
Laisse-les rouler toute la nuit

Merci à Joseph, bonne chance à cet album, et longue vie à la francophonie en Louisiane !

Nicolas Prévost

Pendant la semaine franco-québécoise de novembre 2010 en Guyane, la chanteuse Viviane Van-Ky a eu la gentillesse de me faire découvrir ses chansons.

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Dans Le temps qui passe, Viviane nous rappelle qu’il faut saisir au bon moment les opportunités qui peuvent s’offrir à nous :

Saisi la chance lorsqu’elle te tend les bras
Elle ne repassera pas
Saisi le chance lorsqu’elle te sourit
Ça n’arrive qu’une fois dans la vie
Saisi la chance ne la laisse pas partir
La chance ça peut toujours servir

Dans Pays d’amour, Viviane rend un hommage émouvant à la Guyane :

Si un jour le besoin se fait sentir
De changer d’air, de vivre ailleurs et de partir
Viens caresser les flancs de l’Amazonie
Découvrir ma terre aux couleurs infinies

Un grand merci à Viviane Van-Ky pour sa gentillesse et un grand bravo pour sa jolie musique traditionnelle guyanaise et ses paroles pleines de poésie.

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Mme Marie Yvonne Cornélus Églantine, qui vit actuellement en Guadeloupe, a eu la gentillesse de nous faire parvenir son livre intitulé Marie-Rosette, destin d’une femme d’exception.

Ce livre est un témoignage touchant sur la maman de l’auteur, qui a vécu en Martinique aux Terres-Sainville près de Fort-de-France. Marie-Rosette était "le poteau-mitan, selon l’expression créole, c’est-à-dire l’élément important qui gère la famille, courageuse et battante pour affronter les coups durs et les blessures de la vie". À travers la vie de Marie-Rosette s’ouvre également toute une page de la vie quotidienne en Martinique à travers le 20ème siècle.

Marie Yvonne Cornélus Églantine, Marie-Rosette, destin d’une femme d’exception, Paris, Elzévir, 2008

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Paru fin 2009, le livre de Christian Morrissonneau nous révèle la figure historique de Samuel de Champlain derrière certaines facettes peu connues de sa vie. Champlain le soldat saintongeois, l’exilé français en Espagne, l’artiste peintre que Morrissonneau prend soin d’authentifier au travers d’illustrations que Champlain dessinait pour mettre en scène son nouvel environnement canadien. Le lecteur pourra également s’intéresser à la foi de Champlain dans une France alors ravagée par les guerres de religion qui forcèrent des milliers de protestants de La Rochelle à s’établir dans le Nouveau Monde. L’énigme de l’appartenance confessionnelle de Champlain reste d’ailleurs jusqu’à ce jour, irrésolue.

Le rêve américain de Champlain est complété par un sous-titre : “le chemin de la Chine, une société nouvelle et une nation métisse”. En effet, Champlain n’a jamais renoncé à la découverte d’un passage conduisant à la Chine d’où le caractère parfois provisoire de l’établissement en Nouvelle-France : “Voilà la contradiction du bilan de ces quinze années : découvrir, aller plus loin, s’aventurer, mais aussi fonder, s’adapter et édifier.” La permanence, elle, se retrouve dans les rencontres et les échanges avec les différentes cultures amérindiennes qui participent, selon Champlain, à l’édification d’une nouvelle société : “quand cette grande maison sera faite, alors nos garcons se marieront à vos filles et nous ne serons plus qu’un peuple.”

Si tout a déjà été écrit sur Champlain, à la fois mythe et héros de l’histoire canadienne, Morrissonneau nous en raconte ses traits saillants dans un style romanesque. Il fait aussi la lumière sur d’autres personnages d’époque tels que l’administrateur Pierre Dugua de Monts, le négociant Francois Dupont-Gravé, l’historien Marc Lescarbot avec qui Champelain entretenait une rivalité (Lescarbot lui reprochait son manque d’érudition) ou Etienne Brûlé, fils spirituel de Champlain. Morrissonneau réussit ainsi le pari d’une narration dynamique (elle se lit comme un roman) au service d’un thème plutôt réputé traditionnel qui ravira aussi bien le novice que l’expert confirmé de l’Amérique francophone.

Adeline Vasquez

Christian Morrissonneau, Le rêve américain de Champlain, éditions Hurtubise, 2009

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Ce mois-ci je vous propose de lire un prix littéraire. Bien entendu, si je vous conseille le livre de Dany Laferrière, ce n’est pas parce qu’il a reçu le prix Médicis, mais tout simplement parce que son livre est probablement l’un des meilleurs qu’il ait écrit.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Dany Laferrière est un écrivain d’origine haïtienne, québecois d’adoption, qui a écrit plusieurs livres remarquables dont une autobiographie américaine en 10 volumes... C’est également l’auteur du livre provocateur "Comment faire l’amour à un nègre sans se fatiguer".

Mais revenons à son dernier livre : "L’énigme du retour". Le retour, c’est le retour aux sources, à Haïti, après plusieurs années d’exil, suite au décès de son père. L’écrivain nous livre ici un livre intimiste, écrit avec pudeur et poésie.

Je ne vous en dis pas plus et vous recommande vivement ce livre... Il vous donnera sûrement envie de vous (re)plonger dans l’atmosphère de ses récits d’enfance ("L’odeur du café" ou "Le goût des jeunes filles"), en attendant impatiemment son prochain ouvrage.

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L’hôtel du bon plaisir est un hôtel résidentiel de Martinique, dont Raphaël Confiant nous raconte ici les mémoires.

Or cette bâtisse, au nom pour le moins insolite, est surtout le théâtre des différents représentants de la société antillaise... Toutes les ethnies, tous les comportements, et tous les mythes martiniquais sont ici décrits avec drôlerie et dérision.

L’auteur nous entraîne dans un roman historique fictif, mais pourtant si réaliste !

Pour ceux qui ne le connaissent pas, je vous invite à découvrir l’écriture ironique de Raphaël Confiant dans cet ouvrage facile à lire et très divertissant. Quant aux autres, je vous recommande également ce livre pour (re)découvrir le charme des contes antillais.

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