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La ville de Saint-Germain-en-Laye

vendredi 19 octobre 2012, par Nicolas Prévost

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Le château de Saint-Germain-en-Laye et le parc
Photo J.-C. Prévost
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La ville natale de Louis de Frontenac est située à environ vingt kilomètres à l’ouest de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

L’origine de cette cité est très ancienne : elle remonte à la période gallo-romaine. Mais c’est en 996 que le roi capétien Robert le Pieux fait édifier un monastère dans la « forêt de Laye » en l’honneur de saint Germain de Paris. En 1124, le roi Louis VI le Gros fait construire un château.

Dès lors, la ville de Saint-Germain-en-Laye et son château sont intimement liés à l’histoire de France. Ainsi, en 1514, François Ier s’y marie avec Claude de France. En 1519, Henri II naît dans le château, et en 1570 est signée la Paix de Saint-Germain pour tenter de mettre fin aux guerres de religion.

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Le château neuf et le château vieux en 1637
Dessin d’Auguste Alexandre Guillaumot (1815-1892), BNF

En 1622, Louis de Frontenac naît et est baptisé dans la chapelle du château-vieux. Son père et son grand-père sont gouverneurs de l’ensemble du domaine. Mais l’événement sans doute le plus important, car perpétué à travers le blason de la ville, est la naissance le 5 septembre 1638 de Louis XIV au château neuf (l’actuel pavillon Henri IV).

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Le Pavillon Henri IV où est né Louis XIV en 1638
Photo N. Prévost

Malheureusement, dès 1682, le château connaît une période d’abandon au profit du nouveau château de Versailles. Toutefois, après la « Glorieuse Révolution » de 1688 et l’arrivée sur le trône d’Angleterre de Guillaume d’Orange, le « Roi Soleil » confie le château de Saint-Germain-en-Laye à son cousin Jacques II Stuart, exilé en France. La ville connaît alors une période d’intense activité intellectuelle.

Les Stuart à Saint-Germain-en-Laye et la mort de Jacques II le 16 septembre 1701
Exilé de son pays après la « Glorieuse Révolution » de 1688, le roi Jacques II d’Angleterre est accueilli par Louis XIV et s’installe à Saint-Germain-en-Laye. Il meurt au château de Saint-Germain-en-Laye le 16 septembre 1701 et est inhumé dans l’église Saint-Germain. Les registres paroissiaux de Saint-Germain font mention de son décès et de sa sépulture, en voici une transcription avec une reproduction des actes :

Deceds du Roy d’Angleterre
Du même jour (seize septembre mil sept cent un), à trois heures et vingt minutes après midi, est décédé dans le chasteau vieil de ce lieu très haut très puissant et très Religieux Prince Jacques Stuart Second du nom Roy d’Angleterre d’Écosse et d’Irlande aagé de 67 ans onze mois égallement regretté des peuples de France et d’Angleterre et surtout des habitants de ce lieu et autres qui avoient été témoins oculaires de ses excellentes vertus, et de sa religion pour laquelle il avoit quitté toutes ses couronnes les cédant à un usurpateur dénaturé, ayant mieux aymé vivre en bon chrétien éloigné de ses États et faire par ses infortunes et sa patience triompher la religion catholique que de regner luy mesme au milieu d’un peuple mutin et hérétique. Sa dernière maladie avoit duré quinze jour pendant lesquels il avoit reçu deux fois le st viatique et l’extrême onction par les mains de Mre Jean François de Benoist Docteur de la maison de Sorbonne prieur et curé de ce lieu son propre pasteur, avec des sentiments d’une humilité si profonde, qu’après avoir pardonné à tous les siens rebelles et ses plus cruels ennemis il demanda mesme pardon à des officiers s’il leur avoit donné quelque sujet de chagrin. Il avoit aussy donné des marques de sa tendresse et religion au Sérénissime prince de Galles son fils digne héritier de ses couronnes aussy bien que de ses vertus auquel il recommanda de n’avoir jamais d’autre règle de sa conduite que les maximes de l’Évangile d’honorer toujours sa très vertueuse mère aux soins de laquelle il le laissoit, de se souvenir des bontés que Sa Majesté très Chrétienne luy avoit toujours témoigné et de plutost renoncer à tous ses États que d’abandonner la foi de Jésus-Christ. Tous les peuples tant de ce lieu que des environs ont eu la consolation de luy rendre les derniers devoirs et de le visiter pour la dernière fois en son lit de parade où il demeura vingt quatre heures exposé en vue pendant lesquelles il fut assisté du clergé de cette église, des révérends Pères Récollets et des Loges, qui ne cessèrent pas de prier pour le repos de l’âme de cet illustre héros du nom chrestien, que le Seigneur récompense d’une couronne éternelle.
Signé : P. Parmentier, secrétaire

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Archives départementales des Yvelines

Fut enlevé le Roy d’Angleterre
Du mesme jour (dix septième d’octobre mil sept cent un) sur les huit heures et demie du soir fut enlevé du chateau vieil de ce lieu le corps de très haut très puissant et religieux monarque Jacques Stuart second du nom Roy d’Angleterre d’Écosse et d’Irlande après avoir esté embaumé en la manière accoutumée pour estre conduit aux Religieux Benedictins anglois de Paris faubourg St Jacques, Accompagné seulement de soixante gardes et trois carosses à la suiste ainsy qu’il avoit ordonné pour donner encore après sa mort un exemple du détachement qu’il avoit eu pendant sa vie des vanitez du monde n’estant assisté que ses aumosniers et de Messire Jean François de Benoist Prestre Docteur de la maison de Sorbonne Prieur et curé de ce lieu, son propre pasteur qui ne l’avoit point abandonné dans toute sa maladie et l’ayant consolé dans tous ses maux d’une manière édifiante et autant pleine d’onction qu’on puisse désirer du pasteur zélé pour le salut de son ouaille. Son coeur fut en mesme temps posé dans l’églize des Religieuses de Chaillot, une partie de ses entrailles de son cerveau avec ses poulmons et un peu de sa chair sont restées en dépost dans cette Églize pour la consolation des peuples tant françois qu’anglois et pour conserver en ce lieu la mémoire d’un si grand et si religieux prince.
Signé : P. Parmentier

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Archives départementales des Yvelines

Pendant la Révolution française, Saint-Germain-en-Laye est rebaptisé « Montagne du Bon Air », mais reprend son nom d’origine sous l’Empereur Napoléon Ier. La cité est intégrée au département de Seine-et-Oise (préfecture : Versailles) dont elle devient chef-lieu d’arrondissement.

Le XIXème siècle est une période d’intense transformation pour la ville : ainsi, en 1837 est inaugurée la première ligne de chemin de fer voyageurs en France, qui relie Paris (l’actuelle gare Saint-Lazare) à Saint-Germain-en-Laye.

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En visite à Paris en 1855, la reine Victoria se rend en pèlerinage sur la tombe de Jacques II et souhaite que le château soit mis en valeur. Passionné d’histoire, l’Empereur Napoléon III décide alors de faire sortir le château de l’oubli, en créant un musée d’archéologie gallo-romaine : c’est la naissance du Musée des Antiquités Nationales.

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En 1919, après la Première guerre mondiale, le traité de Versailles règle le sort de l’Allemagne vaincue, et c’est à Saint-Germain-en-Laye qu’est décidé le démantèlement de l’Empire d’Autriche-Hongrie.

Pendant l’occupation entre 1940 et 1944, de nombreux services de l’armée allemande s’installent dans la ville. En raison de la présence de l’armée ennemie, la Résistance a donc un rôle très actif. Saint-Germain-en-Laye est libéré en août 1944, et la deuxième DB du général Leclerc s’installe au quartier de Gramont.

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En 1962, quelques années avant la création du département des Yvelines (la partie occidentale du département de Seine-et-Oise), Saint-Germain-en-Laye devient sous-préfecture. Aujourd’hui, la ville est peuplée de 40.000 habitants. La terrasse, le parc du château et la forêt sont d’agréables lieux de promenade et de détente. Depuis la terrasse, on peut admirer tout l’Ouest parisien : la Seine, le Mont Valérien, La Défense et la Tour Eiffel.

Saint-Germain-en-Laye est jumelée avec plusieurs villes à travers le monde : Aschaffenburg (Allemagne), Ayr (Écosse), Konstancin-Jeziorna (Pologne), Témara (Maroc) et Winchester (États-Unis).

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