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	<title>Le site de l'association Frontenac-Am&#233;riques</title>
	<link>http://www.frontenac-ameriques.org/</link>
	<description>L'association Frontenac-Am&#233;riques a pour objectif la promotion de la francophonie et de l'histoire de l'Am&#233;rique fran&#231;aise. Adobe Acrobat XI Pro Community
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		<title>25. L'imaginaire de la nature dans la litt&#233;rature des Premi&#232;res Nations du Qu&#233;bec : entre tradition et &#233;volution</title>
		<link>http://www.frontenac-ameriques.org/litterature-et-cinema/article/l-imaginaire-de-la-nature-dans-la</link>
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		<dc:date>2024-05-11T15:30:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Angela Buono</dc:creator>



		<description>L'acte de naissance de la litt&#233;rature de langue fran&#231;aise des Premi&#232;res Nations du Qu&#233;bec peut &#234;tre situ&#233; au d&#233;but des ann&#233;es soixante-dix du si&#232;cle dernier et, au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies, cette autre facette de la francophonie canadienne est en train d'exp&#233;rimenter une effervescence sans pr&#233;c&#233;dent, gr&#226;ce aussi &#224; l'int&#233;r&#234;t de maisons d'&#233;dition comme M&#233;moire d'encrier, qui promeuvent et soutiennent la production litt&#233;raire des auteurs autochtones du Qu&#233;bec. Je vais chercher &#224; tracer rapidement (...)

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&lt;a href="http://www.frontenac-ameriques.org/litterature-et-cinema/" rel="directory"&gt;5. Litt&#233;rature et cin&#233;ma&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src='http://www.frontenac-ameriques.org/local/cache-vignettes/L107xH150/arton83-d3d80.png' width='107' height='150' style='height:150px;width:107px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_921 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:387px;'&gt;
&lt;img src='http://www.frontenac-ameriques.org/local/cache-vignettes/L387xH625/Histoire_amerindienne-8bf8c.png' width='387' height='625' alt=&quot;&quot; style='height:625px;width:387px;' /&gt;&lt;/span&gt;
L'acte de naissance de la litt&#233;rature de langue fran&#231;aise des Premi&#232;res Nations du Qu&#233;bec peut &#234;tre situ&#233; au d&#233;but des ann&#233;es soixante-dix du si&#232;cle dernier et, au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies, cette autre facette de la francophonie canadienne est en train d'exp&#233;rimenter une effervescence sans pr&#233;c&#233;dent, gr&#226;ce aussi &#224; l'int&#233;r&#234;t de maisons d'&#233;dition comme M&#233;moire d'encrier, qui promeuvent et soutiennent la production litt&#233;raire des auteurs autochtones du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vais chercher &#224; tracer rapidement l'&#233;volution de cette jeune litt&#233;rature, en proposant des r&#233;flexions sur l'un des st&#233;r&#233;otypes qui colle depuis toujours aux peuples autochtones, leur proximit&#233; avec l'&#233;tat de nature &#8211; ce qui justifiait l'appellation de Sauvages, sans intention p&#233;jorative d'ailleurs, qu'on leur donnait au d&#233;but de la colonisation fran&#231;aise au dix-septi&#232;me et dix-huiti&#232;me si&#232;cles, une identification bas&#233;e sur l'opposition entre nature et culture, bien nourrie, depuis Rousseau, de fondements philosophiques et scientifiques divers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la premi&#232;re partie de cet expos&#233;, je vais pr&#233;senter la th&#233;orie d'apr&#232;s laquelle pour les Am&#233;rindiens la nature est culture, et dans la seconde partie je vais proposer une lecture de l'&#233;volution de l'imaginaire de la nature chez des &#233;crivains et &#233;crivaines autochtones appartenant &#224; des g&#233;n&#233;rations diff&#233;rentes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'historien Georges E. Sioui, de la nation huron-wendat, dans son essai &lt;i&gt;Pour une histoire am&#233;rindienne de l'Am&#233;rique&lt;/i&gt; publi&#233; en 1999, introduit la notion d'&#171; autohistoire (1) &#187; pour d&#233;placer &#224; l'int&#233;rieur de la perspective am&#233;rindienne le point de vue sur l'histoire des Am&#233;rindiens, qui jusque-l&#224; n'avait &#233;t&#233; racont&#233;e que par les Blancs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Afin de bien faire comprendre leur &#233;volution historique et culturelle, Sioui se r&#233;clame de la vision am&#233;rindienne du Cercle sacr&#233; de la vie et de l'univers, fond&#233;e sur le rapport &#224; la Terre et sur l'observation des aspects cycliques et circulaires de la r&#233;alit&#233; naturelle : &#171; la r&#233;alit&#233; du Cercle sacr&#233; de la vie, dans lequel tous les &#234;tres, mat&#233;riels et immat&#233;riels, sont &#233;gaux et interd&#233;pendants &#187; (Sioui 14).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette vision l'am&#232;ne &#224; tenir des propos qui peuvent para&#238;tre &#233;tonnants aux oreilles d'un Blanc occidental. Cet essai fondateur de l'historiographie am&#233;rindienne au Qu&#233;bec, tout en s'appuyant sur de solides bases philosophiques et scientifiques, pose des affirmations qui d'embl&#233;e ne sauraient &#234;tre d&#233;finies autrement que carr&#233;ment irr&#233;alistes ou, &#224; la rigueur, utopiques. Face &#224; la catastrophe d&#233;mographique, &#224; la d&#233;possession de leurs territoires et au bouleversement de leurs modes de vie qui ont affect&#233; les Am&#233;rindiens depuis le contact avec les Blancs, la premi&#232;re des pr&#233;misses de l'approche m&#233;thodologique adopt&#233;e par Sioui pourrait bien laisser de prime abord perplexe :&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;[&#8230;] en d&#233;pit du mode d'appropriation du territoire par les Europ&#233;ens, les valeurs culturelles de l'Am&#233;rindien ont davantage influenc&#233; la formation du caract&#232;re de l'Euro-Am&#233;ricain que les valeurs de ce dernier n'ont modifi&#233; le code culturel de l'Am&#233;rindien, puisque ce dernier n'a pas quitt&#233; son milieu naturel (Sioui 31).&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Il cite les mots r&#233;v&#233;lateurs d'un sage et ancien chef de la nation innue : &#171; Quant &#224; la persistance de la culture am&#233;rindienne, Rapha&#235;l affirme que &#8220;l'Indien continuera toujours de s'identifier comme Indien. [&#8230;] En un mot, tant que l'Indien sera en (sic) Canada, il restera Indien : &#231;a ne changera pas&#8221; &#187; (Sioui 45).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il pose donc sa certitude de &lt;i&gt;la persistance des valeurs am&#233;rindiennes&lt;/i&gt; (36) et de &lt;i&gt;la vigueur de la conscience am&#233;rindienne&lt;/i&gt; (43) sur le lien ininterrompu que les Am&#233;rindiens entretiennent depuis toujours avec leurs territoires et leur environnement naturel. La philosophie du Cercle permet d'&#233;claircir la valeur essentielle de ces affirmations qui semblent pencher du c&#244;t&#233; de l'utopie et de d&#233;jouer, par la m&#234;me occasion, certains clich&#233;s qui renvoient une image fauss&#233;e des Am&#233;rindiens et de leurs civilisations. Sous la plume de Sioui, la th&#233;orie scientifique de l'&#233;volution se tourne en &lt;i&gt;mythe de l'&#233;volution &lt;/i&gt; (2), dont d&#233;coule &lt;i&gt;le mythe de la disparition de l'autochtone&lt;/i&gt; (2) :&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;Cet an&#233;antissement serait la cons&#233;quence logique et normale du choc qui se produit entre une civilisation tr&#232;s &#8220;avanc&#233;e&#8221; et une autre &#8211; en particulier celle des autochtones du Nouveau Monde &#8211; tr&#232;s &#8220;retard&#233;e&#8221;. [&#8230;] C'est le Cercle sacr&#233; de la vie qui s'oppose &#224; la conception &#233;volutionniste du monde selon laquelle les &#234;tres sont in&#233;gaux, souvent m&#233;connus, constamment bouscul&#233;s et remplac&#233;s par d'autres qui semblent adapt&#233;s &#224; l'&#8220;&#233;volution&#8221; (Sioui 2-3).&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'oppos&#233; de la conception euro-am&#233;ricaine du temps et de l'&#233;volution proc&#233;dant en ligne droite, la vision du Cercle propose une id&#233;e alternative du progr&#232;s des civilisations, qui &#233;pouse le mouvement des cycles naturels, et se veut le fondement philosophique de la confiance des Am&#233;rindiens dans la persistance de leurs cultures, malgr&#233; la d&#233;cimation de la population autochtone et les changements bouleversants qui les ont affect&#233;s au cours des si&#232;cles :&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;La grande majorit&#233; des nations am&#233;rindiennes entretiennent la croyance ferme que le progr&#232;s, tel que l'entendent les civilisations dominantes, qui fait de l'homme un seigneur d&#233;conscientis&#233; de la cr&#233;ation, aura un jour une fin et que l'Am&#233;rindien aura alors la responsabilit&#233; de retransmettre aux autres peuples de la terre un mode social bas&#233; sur la compr&#233;hension du Cercle (Sioui 41).&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Ces propos de Sioui, qui devaient para&#238;tre utopiques &#224; l'&#233;poque de l'&#233;criture et de la publication de son essai, 35 ans apr&#232;s s'av&#232;rent proph&#233;tiques de la nouvelle conscience &#233;cologique de plus en plus r&#233;pandue parmi les jeunes g&#233;n&#233;rations :&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;Nous sommes probablement le people le plus uni au monde. Nous poss&#233;dons l'unit&#233; spirituelle, car nous comprenons tous la signification du Cercle. Et ce qui accro&#238;t davantage notre espoir est que de nombreux &#8220;non-autochtones&#8221; nous rejoignent chaque jour dans notre croyance au Cercle. Par cons&#233;quent nos effectifs ne sont pas en train de s'amoindrir, comme plusieurs le pensent encore, mais bien en train de s'amplifier. Et &#231;a c'est notre secret. (Sioui X)&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;L'imaginaire am&#233;rindien de la nature demeure donc la preuve &#171; [&#8230;] que la grandeur am&#233;rindienne n'est pas qu'un vestige du pass&#233; : l'avenir permettra aux autochtones de jouer un r&#244;le tr&#232;s important en fournissant &#224; l'Am&#233;rique du Nord et au reste du monde un mod&#232;le de soci&#233;t&#233; viable &#187; (Trigger xi).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La repr&#233;sentation de la nature et de l'imaginaire naturel demeure donc l'aspect culturel fondamental de la litt&#233;rature des Premi&#232;res Nations du Qu&#233;bec depuis les &#233;crits de Bernard Assiniwi, l'&#233;crivain qu&#233;b&#233;cois de souche algonquine et crie, consid&#233;r&#233; comme le pionnier de la litt&#233;rature am&#233;rindienne de langue fran&#231;aise. Son roman historique La saga des B&#233;othuks, qu'il a &#233;crit &#224; la suite de longues recherches sur l'&#238;le de Terre-Neuve o&#249; la nation b&#233;othuke demeura jusqu'&#224; sa compl&#232;te extinction en 1829, refl&#232;te la vision am&#233;rindienne du Cercle sacr&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La &lt;i&gt;Saga&lt;/i&gt; prend l'essor de l'exploration initiatique qu'Anin, le fondateur mythique de la nation des B&#233;othuks, entreprend pour d&#233;couvrir &#171; si cette terre &#233;tait ronde, si c'&#233;tait une &#238;le ou si ce n'&#233;tait qu'une longue bande de terre qui s'avance dans la mer &#187; (Assiniwi 46). La connaissance du territoire, la conception du Cercle &#224; la base de la r&#233;alit&#233; environnante, la valeur de la transmission de la m&#233;moire culturelle sont autant de fondements de la civilisation am&#233;rindienne destin&#233;s &#224; devenir des topo&#239; de la litt&#233;rature autochtone :&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;Si l'a&#239;eul avait raison, la terre faite par le castor et &#224; l'image de sa maison ne pouvait &#234;tre que ronde. Le m&#226;le ayant fait sa cabane au-dessus et la femelle au-dessous et &#224; l'envers, la terre avait grossi entre les deux cabanes. Depuis lors le monde est rond, soutenu par les souffles du vent dans l'immensit&#233; des esprits. En suivant les contours de la terre ferme, il &#233;tait &#233;vident pour Anin qu'on revenait &#224; la m&#234;me place (Assiniwi 13).&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;L'attention au territoire et au milieu naturel dans &lt;i&gt;La saga des B&#233;othuks&lt;/i&gt; se manifeste surtout par la r&#233;f&#233;rence constante &#224; l'espace g&#233;ographique, par la carte de l'&#238;le de Terre-Neuve plac&#233;e au d&#233;but de chacune des trois parties composant le roman, par l'attention aux changements des toponymes refl&#233;tant l'appropriation progressive de territoires des B&#233;othuks par les Europ&#233;ens. Le roman d'Assiniwi se place donc sous le signe de la perte &#8211; du territoire, du peuple, de la culture, du langage &#8211; mais ce n'est que d'apr&#232;s le point de vue des Blancs, puisque la perspective des B&#233;othuks demeure ancr&#233;e dans la certitude de l'&#233;ternit&#233; des valeurs am&#233;rindiennes dont parle Sioui :&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;Il faut [&#8230;] toujours avoir les oreilles propres pour entendre et les yeux ouverts pour voir et comprendre. Voil&#224; le secret de l'existence des B&#233;othuks. C'est pourquoi [&#8230;] les B&#233;othuks vivraient toujours, m&#234;me quand mourrait le dernier. Ils continueraient de vivre en d'autres. Dans d'autres m&#233;moires. Dans d'autres apprentissages. [&#8230;] les B&#233;othuks &#233;taient &#233;ternels. Ils &#233;taient la vie. [...] Les B&#233;othuks &#233;taient &#8220;les vrais hommes&#8221;. Les vrais hommes ont toujours des choses &#224; apprendre. Ils sont &#233;ternels par leur besoin de savoir, de conna&#238;tre, de donner &#187; (Assiniwi 281)&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Dans la litt&#233;rature am&#233;rindienne, la c&#233;l&#233;bration du pass&#233; et la confiance dans l'avenir ne rel&#232;vent donc pas d'une attitude utopique, dans le sens courant ou litt&#233;raire du mot, mais elles ressortissent au &lt;i&gt;topos&lt;/i&gt;, dans son sens &#233;tymologique de lieu physique, et dans sa valeur litt&#233;raire de motif r&#233;current. Cette &#171; &#233;cologie &#187; particuli&#232;re de l'histoire et de l'&#233;criture am&#233;rindienne se fait d'autant plus &#233;vidente dans les textes de l'extr&#234;me contemporain dont les auteurs deviennent de plus en plus conscients du r&#244;le qu'ils sont appel&#233;s &#224; jouer en tant que porte-parole d'instances culturelles. Le nouveau rapport au territoire, entra&#238;n&#233; par le passage du nomadisme &#224; la s&#233;dentarisation, a &#233;videmment impliqu&#233; une red&#233;finition identitaire :&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;Aujourd'hui [&#8230;] sans doute &#224; cause de leur d&#233;possession territoriale, cette identification s'est orient&#233;e de fa&#231;on exacerb&#233;e vers les r&#233;serves. Les Am&#233;rindiens semblent devoir appartenir d'abord &#224; une r&#233;serve d&#233;termin&#233;e et ensuite &#224; un territoire. [&#8230;] La r&#233;serve est devenue aujourd'hui, pour plusieurs Am&#233;rindiens, le lieu d'affirmation identitaire o&#249; se conserve la culture originelle, non contamin&#233;e. D'autres, plus nombreux, affirment pourtant que ce lieu n'est pas la r&#233;serve, mais la for&#234;t &#187; (Gatti 2006 : 119-120).&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Dans le roman &lt;i&gt;Kuessipan&lt;/i&gt; de la jeune &#233;crivaine innue Naomi Fontaine, ce nouveau rapport au territoire est bien illustr&#233; et il semble conjuguer les deux attitudes. La repr&#233;sentation de la vie dans la r&#233;serve de Uashat, sur la c&#244;te nord du fleuve Saint-Laurent, ne n&#233;glige pas l'identification d&#233;taill&#233;e des lieux jusqu'&#224; la succession des noms des rues : &#171; Les maisons, elles, se cordent et s'imitent. Un minuscule village appel&#233; r&#233;serve. Des rues. Pashin. De Queen. Gr&#233;goire. Arnaud. Kamin. Il y a du sable sur le devant des maisons. Sur l'asphalte des rues &#187; (Fontaine 34). D'ailleurs, le territoire ancestral, le Nutshimit, demeure le lieu de l'identit&#233; v&#233;ritable et originaire, malgr&#233; l'extinction des anciennes coutumes nomades et les nouveaux modes d'appropriation du territoire :&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;Nutshimit, c'est l'int&#233;rieur des terres, celles de mes anc&#234;tres. Chaque famille conna&#238;t ses terres. Les lacs servent de route. Les rivi&#232;res indiquent le nord. Si on s'aventure trop loin, par manque de jugement, il y a toujours le chemin de fer pour retrouver sa voie.&lt;br&gt;
Nutshimit, un rituel pour les chasseurs de caribous. Un air pur dont les vieux ne peuvent pas se passer. Depuis qu'ils ont perdu la vigueur de leurs jambes, ils y vont pour respirer.&lt;br&gt;
Nutshimit, un terrain inconnu, mais non hostile pour celui qui y cherche le repos de l'esprit. Autrefois, ces for&#234;ts &#233;taient habit&#233;es par des hommes, des femmes qui prenaient de leurs mains ce que la Terre leur offrait. Ils n'y sont plus, mais ils ont laiss&#233; sur les rochers, l'eau des chutes et le vert des &#233;pinettes, leur empreinte, leur regard.&lt;br&gt;
Nutshimit, pour l'homme confus, c'est la paix. Cette paix int&#233;rieure qu'il recherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment (Fontaine 65).&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Dans les textes po&#233;tiques de Jos&#233;phine Bacon, Rita Mestokosho, Natasha Kanap&#233; Fontaine, pour ne citer que trois &#233;crivaines, repr&#233;sentant trois g&#233;n&#233;rations diff&#233;rentes, parmi les auteurs qui occupent aujourd'hui le devant de la sc&#232;ne litt&#233;raire am&#233;rindienne au Qu&#233;bec, le territoire est porteur de signes, de significations, de langage et il se place donc &#224; l'origine de l'&#233;criture litt&#233;raire :&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;Les arbres ont parl&#233; avant les hommes.&lt;br&gt;
Tshissinuatshitakana, les b&#226;tons &#224; message, servaient de points de rep&#232;re &#224; mes grands-parents dans le nutshimit, &#224; l'int&#233;rieur des terres. Les Innus laissaient ces messages visuels sur leur chemin pour informer les autres nomades de leur situation. [&#8230;] &#192; travers eux, la parole &#233;tait toujours en voyage (Bacon 7).&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me superposition de l'&#233;criture au territoire et au caract&#232;re identitaire nomade est convoqu&#233;e par Rita Mestokosho :&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;Mon peuple &#233;crivait en marchant&lt;br&gt;
Mon peuple &#233;crivait sur la ligne de la m&#233;moire&lt;br&gt;
De cette fa&#231;on son bagage &#233;tait moins lourd&lt;br&gt;
Car il avait une immense biblioth&#232;que avec lui&lt;br&gt;
Des millions de livres,&lt;br&gt;
&#201;parpill&#233;s sur le territoire innu&lt;br&gt;
Des encyclop&#233;dies de rivi&#232;res&lt;br&gt;
Des dictionnaires de montagnes&lt;br&gt;
Des g&#233;ographies de for&#234;ts&lt;br&gt;
Chaque ligne qu'il &#233;crivait&lt;br&gt;
&#201;tait pour garder sa m&#233;moire &#233;veill&#233;e&lt;br&gt;
Son esprit vif et son c&#339;ur l&#233;ger (Mestokosho 54)&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue de nombreux auteurs autochtones, la litt&#233;rature se voit donc convoqu&#233;e pour donner sens &#224; l'histoire individuelle et collective, renouveler les formes culturelles et imaginer un avenir qui soit en continuit&#233; avec le pass&#233; et cela &#224; partir du territoire et de l'environnement naturel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La po&#232;te-slameuse Natasha Kanap&#233; Fontaine, appartenant &#224; la jeune g&#233;n&#233;ration de po&#232;tes innues, parvient &#224; conjuguer dans son recueil de po&#232;mes &lt;i&gt;Manifeste Assi&lt;/i&gt; &#8211; &#171; Assi en innu veut dire Terre &#187; (5) &#8211; l'appartenance au territoire, la p&#233;rennit&#233; de la tradition, et le renouvellement de la forme po&#233;tique qui se veut un chant d'amour pour la Terre au m&#234;me temps qu'un manifeste militant pour la cause am&#233;rindienne et une d&#233;claration d'identit&#233; individuelle et collective :&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;Assi&lt;/i&gt; en innu veut dire Terre.&lt;br&gt;
Au d&#233;part, il n'y a qu'elle. Son ventre et son royaume. Sa cosmogonie du r&#232;gne animal et v&#233;g&#233;tal. Les arbres, les eaux, les loups et les hordes de caribous. Puis il y a le peuple. Les Innus.&lt;br&gt;
Il y a moi. Forte d'un nouvel &#233;veil. [&#8230;]&lt;br&gt;
Les esprits, eux, dansent. Ils dansent sur le pays.&lt;br&gt;
Je re&#231;ois leurs visions. Dites-moi, aujourd'hui, qui croit aux proph&#233;ties ?&lt;br&gt;
Je viens de cette lign&#233;e. De la lign&#233;e des chasseurs et des braves. Je suis la fille de ceux qui marchaient dans les r&#234;ves. La petite-fille des shamans et des gu&#233;risseurs. La s&#339;ur de ceux qui parlent aux anc&#234;tres. [&#8230;]&lt;br&gt;
Alors, puisque je suis ici &#224; embrasser le sol de ma terre, &lt;i&gt;Assi&lt;/i&gt;, je lib&#233;rerai ses chants de femme. (Kanap&#233; Fontaine 6-7)&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Par ce bref survol, quoique trop rapide et incomplet, de la litt&#233;rature am&#233;rindienne au Qu&#233;bec, j'esp&#232;re en avoir mis en &#233;vidence les signes de sa maturation progressive. Aujourd'hui c'est par l'&#233;volution de la valeur du lieu dans les textes qu'on peut mesurer l'&#233;volution de cette litt&#233;rature : le territoire n'est pas que l'objet de l'&#233;criture en tant que lieu physique, mais aussi bien le sujet de l'&#233;nonciation g&#233;n&#233;rateur de formes et styles nouveaux en tant que topos litt&#233;raire marquant d&#233;sormais plusieurs g&#233;n&#233;rations d'&#233;crivains. Ses significations ne pr&#234;tent plus &#224; confusion sur la place qu'il occupe dans le contexte litt&#233;raire, m&#234;me si un classement des genres fond&#233; sur des assises issues de sources autochtones reste encore &#224; d&#233;finir. Il est &#233;vident que le territoire, en tant que lieu physique et symbolique, lieu de la Terre et de l'imaginaire, est appel&#233; &#224; jouer un r&#244;le majeur m&#234;me dans un discours critique fond&#233; sur des assises am&#233;rindiennes :&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;Pour un d&#233;veloppement positif de l'histoire et des sciences en g&#233;n&#233;ral (humaines et autres), l'&#233;cologie doit devenir la m&#232;re commune de toutes les sciences et l'histoire, comme toutes les sciences sociales, doit consid&#233;rer la dimension &#233;cologique comme fondamentale. Le but universel doit &#234;tre le bien-&#234;tre &#233;cologique commun. (Sioui 134-135).&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Et pour nos d&#233;bats de la plus stricte actualit&#233;, il semble bien que les Premi&#232;res Nations ont bien des choses &#224; nous apprendre !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Angela Buono&lt;br&gt;
Universit&#233; de Naples &#171; L'Orientale &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(1) Cette notion apparaissait d&#232;s le titre de la premi&#232;re &#233;dition de l'essai de Georges E. Sioui, &lt;i&gt;Pour une autohistoire am&#233;rindienne : Essai sur les fondements d'une morale sociale&lt;/i&gt;, Qu&#233;bec, Les Presses de l'Universit&#233; Laval, 1989.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;br&gt; Assiniwi, Bernard, &lt;i&gt;La Saga des B&#233;othuks&lt;/i&gt;, Montr&#233;al / Arles, Lem&#233;ac / Actes Sud, 1996.&lt;br&gt;
Bacon, Jos&#233;phine, &lt;i&gt;B&#226;tons &#224; message / Tshissinuatshitakana&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, M&#233;moire d'encrier, 2009.&lt;br&gt;
Fontaine, Naomi, &lt;i&gt;Kuessipan. &#192; toi, Montr&#233;al&lt;/i&gt;, M&#233;moire d'encrier, 2011.&lt;br&gt;
Gatti, Maurizio, &lt;i&gt;&#202;tre auteur autochtone au Qu&#233;bec aujourd'hui&lt;/i&gt;, in Robert Viau (&#233;d.), &lt;i&gt;La cr&#233;ation litt&#233;raire dans le contexte de l'exigu&#239;t&#233;&lt;/i&gt;, Saint-Nicolas (Qu&#233;bec), Publications MNH, 2000, p. 183-194.&lt;br&gt;
Gatti, Maurizio, &lt;i&gt;&#202;tre &#233;crivain am&#233;rindien au Qu&#233;bec. Indianit&#233; et cr&#233;ation litt&#233;raire&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, &#201;ditions Hurtubise HMH, 2006.&lt;br&gt;
Gatti, Maurizio, &#171; La Saga de Bernard Assiniwi, ou comment faire revivre les B&#233;othuks &#187;, &lt;i&gt;International Journal of Canadian Studies / Revue internationale d'&#233;tudes canadiennes&lt;/i&gt;, 41 (2010), p. 279-296.&lt;br&gt;
Kanap&#233; Fontaine, Natasha, &lt;i&gt;Manifeste Assi&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, M&#233;moire d'encrier, 2014.&lt;br&gt;
Mestokosho, Rita, &lt;i&gt;Eshi Uapataman Nukum. Come sento la vita, nonna&lt;/i&gt;, &#233;d. de Claudia Gasparini et de Naila Clerici, Rome, D&#233;l&#233;gation du Qu&#233;bec, s.d.&lt;br&gt;
Payment, Claire, &lt;i&gt;Perles de sagesse am&#233;rindienne&lt;/i&gt;, Montr&#233;al / Paris, Mediaspaul, 2010.&lt;br&gt;
Sioui, Georges E., &lt;i&gt;Pour une histoire am&#233;rindienne de l'Am&#233;rique&lt;/i&gt;, Qu&#233;bec / Paris, Les Presses de l'Universit&#233; Laval / L'Harmattan, 1999.&lt;br&gt;
St-Amand, Isabelle, &#171; Discours critiques pour l'&#233;tude de la litt&#233;rature autochtone dans l'espace francophone du Qu&#233;bec &#187;, &lt;i&gt;Studies in Canadian Literature / &#201;tudes en litt&#233;rature canadienne&lt;/i&gt;, 35, 2 (2010), p. 30-52.&lt;br&gt;
Trigger, Bruce G., &lt;i&gt;Pr&#233;face&lt;/i&gt;, in Georges E. Sioui, &lt;i&gt;Pour une histoire am&#233;rindienne de l'Am&#233;rique&lt;/i&gt;, Qu&#233;bec / Paris, Les Presses de l'Universit&#233; Laval / L'Harmattan, 1999, p. xi-xviii.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&quot;15 f&#233;vrier 1839&quot;, un film qu&#233;b&#233;cois sur les Patriotes de 1837-1838</title>
		<link>http://www.frontenac-ameriques.org/litterature-et-cinema/article/15-fevrier-1839-un-film-quebecois</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Pr&#233;vost</dc:creator>



		<description>Pour les amateurs de cin&#233;ma qu&#233;b&#233;cois et d'histoire du Canada fran&#231;ais, 15 f&#233;vrier 1839 est un film historique r&#233;alis&#233; en 2001 par le cin&#233;aste Pierre Falardeau (1946-2009). Il raconte les derniers moments des Patriotes canadiens-fran&#231;ais au Qu&#233;bec avant leur pendaison &#224; Montr&#233;al le 15 f&#233;vrier 1839 par le pouvoir colonial anglais. Ce jour-l&#224;, les Anglais ont tu&#233; &#224; la prison du Pied-du-Courant &#224; Montr&#233;al Fran&#231;ois-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier (1803-1839), &#226;g&#233; de 35 ans, Charles Hindenlang (1810-1839), (...)

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&lt;a href="http://www.frontenac-ameriques.org/litterature-et-cinema/" rel="directory"&gt;5. Litt&#233;rature et cin&#233;ma&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src='http://www.frontenac-ameriques.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton79-ccc31.jpg' width='150' height='85' style='height:85px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour les amateurs de cin&#233;ma qu&#233;b&#233;cois et d'histoire du Canada fran&#231;ais, &lt;strong&gt; &lt;i&gt;15 f&#233;vrier 1839&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; est un film historique r&#233;alis&#233; en 2001 par le cin&#233;aste Pierre Falardeau (1946-2009). Il raconte les derniers moments des Patriotes canadiens-fran&#231;ais au Qu&#233;bec avant leur pendaison &#224; Montr&#233;al le 15 f&#233;vrier 1839 par le pouvoir colonial anglais. Ce jour-l&#224;, les Anglais ont tu&#233; &#224; la prison du Pied-du-Courant &#224; Montr&#233;al Fran&#231;ois-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier (1803-1839), &#226;g&#233; de 35 ans, Charles Hindenlang (1810-1839), &#226;g&#233; de 28 ans, Amable Daunais (1816-1839), &#226;g&#233; de 23 ans, Fran&#231;ois Nicolas (1795-1839), &#226;g&#233; de 43 ans, et Pierre-R&#233;mi Narbonne (1807-1839), &#226;g&#233; de 32 ans. D'autres patriotes ont &#233;t&#233; tu&#233;s quelques temps avant dans la m&#234;me prison, comme le rappelle la plaque comm&#233;morative de ce lieu de m&#233;moire national qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans l'histoire du Qu&#233;bec, la date du 15 f&#233;vrier 1839 est importante car elle marque une &#233;tape dans la f&#233;roce r&#233;pression coloniale anglaise au d&#233;but du r&#232;gne de la reine Victoria contre les Canadiens-fran&#231;ais, appel&#233;s les Patriotes de 1837-1838, qui luttaient pour leur ind&#233;pendance, notamment dans la r&#233;gion de la rivi&#232;re Richelieu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous pouvez ci-dessous voir ce film en int&#233;gralit&#233; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/aPIGxCI8MB4&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>15. L'anglais, une langue tr&#232;s fran&#231;aise</title>
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		<dc:creator>Nicolas Pr&#233;vost</dc:creator>



		<description>Il est devenu aujourd'hui fr&#233;quent pour tout d&#233;fenseur actuel de la langue fran&#231;aise de r&#233;guli&#232;rement s'insurger contre l'influence excessive de l'anglais dans la langue fran&#231;aise, et m&#234;me de d&#233;noncer son c&#244;t&#233; h&#233;g&#233;monique qui &#233;clipse de plus en plus et un peu partout notre langue. Pourtant, l'influence inverse est peu connue alors qu'elle est d'une toute autre ampleur, et ne se limite pas &#224; la locution royale &#171; Honni soit qui mal y pense &#187; ! Que retenir de ces dix si&#232;cles d'influence, souvent mal connue, du (...)

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&lt;a href="http://www.frontenac-ameriques.org/litterature-et-cinema/" rel="directory"&gt;5. Litt&#233;rature et cin&#233;ma&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src='http://www.frontenac-ameriques.org/local/cache-vignettes/L143xH132/arton76-4e61b.jpg' width='143' height='132' style='height:132px;width:143px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est devenu aujourd'hui fr&#233;quent pour tout d&#233;fenseur actuel de la langue fran&#231;aise de r&#233;guli&#232;rement s'insurger contre l'influence excessive de l'anglais dans la langue fran&#231;aise, et m&#234;me de d&#233;noncer son c&#244;t&#233; h&#233;g&#233;monique qui &#233;clipse de plus en plus et un peu partout notre langue. Pourtant, l'influence inverse est peu connue alors qu'elle est d'une toute autre ampleur, et ne se limite pas &#224; la locution royale &#171; Honni soit qui mal y pense &#187; ! Que retenir de ces dix si&#232;cles d'influence, souvent mal connue, du fran&#231;ais sur l'anglais ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_849 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:409px;'&gt;
&lt;img src='http://www.frontenac-ameriques.org/local/cache-vignettes/L409xH307/Devise_royale_a_Windsor-f815e.jpg' width='409' height='307' alt=&quot;&quot; style='height:307px;width:409px;' /&gt;&lt;/span&gt;
L'histoire des relations entre la France et l'Angleterre est marqu&#233;e par un &#233;v&#233;nement fondateur : la conqu&#234;te de 1066, avec la victoire du Franco-normand Guillaume le Conqu&#233;rant (1027-1087), n&#233; &#224; Falaise et vassal du roi de France, contre le dernier roi anglo-saxon Harold (1022-1066) lors de la c&#233;l&#232;bre Bataille de Hastings. &#192; ce moment-l&#224;, les vainqueurs Normands occupent rapidement une place importante dans l'aristocratie du pays dont Guillaume se fait couronner roi &#224; l'Abbaye de Westminster. Le nouveau pouvoir royal normand am&#232;ne avec lui de nombreux mots fran&#231;ais, qui s'ajoutent, se substituent ou compl&#232;tent les mots anglo-saxons existant. Cela explique notamment pourquoi l'anglais compte autant de mots. En effet, par exemple, pour dire la &#171; libert&#233; &#187;, il existe ainsi deux mots en anglais : &#171; freedom &#187;, venant du germanique, et &#171; liberty &#187;, venant du fran&#231;ais. Parfois, le mot venant du fran&#231;ais a la m&#234;me signification en anglais : ainsi, &#171; important &#187; signifie bel et bien &#171; important &#187;. Parfois, il a un sens plus imag&#233; ou plus fort : ainsi, &#171; I demand &#187; ne signifie pas comme on pourrait le croire &#171; je demande &#187; mais &#171; j'exige &#187;. Ou bien &#171; sympathetic &#187; ne signifie pas &#171; sympathique &#187; mais &#171; compatissant &#187;. C'est ce qu'on nomme parfois des &#171; faux amis &#187;. La structure du vieil anglo-saxon est alors compl&#232;tement boulevers&#233;e par la conqu&#234;te franco-normande, et pour toujours. La devise du roi d'Angleterre &#171; Honni soit qui mal y pense &#187;, &#171; Dieu et mon droit &#187;, est dite en fran&#231;ais, de m&#234;me que la signature de tout acte l&#233;gislatif qui se termine par &#171; Le Roi le veult &#187; (ou &#171; La Reyne le veult &#187; s'il s'agit d'une reine).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En plus de la conqu&#234;te normande, l'expansion de la langue fran&#231;aise trouve un terrain particuli&#232;rement favorable en Angleterre &#224; partir du milieu du Moyen &#194;ge et se prolonge pendant des si&#232;cles en raison notamment des mariages royaux de la monarchie anglaise : en effet, d'Henri II Plantagen&#234;t (1133-1189) jusqu'&#224; &#201;douard IV (1442-1483), aucun roi anglais ne prend par exemple d'&#233;pouses en Angleterre et toutes les reines pendant trois si&#232;cles sont originaires de France. Une des plus c&#233;l&#232;bres est Ali&#233;nor d'Aquitaine (1122-1204), qui &#233;pouse d'abord le roi de France Louis VII (1120-1180), et qui ensuite &#233;pouse le roi d'Angleterre Henri II. En outre, ce que nomme &#171; l'empire Plantagen&#234;t &#187;, c'est-&#224;-dire les territoires domin&#233;s par le roi d'Angleterre, occupe tout l'ouest de la France o&#249; le roi d'Angleterre est vassal du roi de France. Beaucoup de rois d'Angleterre passent d'ailleurs une bonne partie de leur r&#232;gne sur le sol fran&#231;ais ou y sont m&#234;me enterr&#233;s, notamment &#224; l'Abbaye de Fontevraud dans le pays d'Anjou.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette influence pr&#233;pond&#233;rante de la France dans la royaut&#233; anglaise joue bien s&#251;r en grande partie sur la langue. L'arriv&#233;e &#224; la cour anglaise d'Ali&#233;nor d'Aquitaine, apr&#232;s l'annulation de son mariage avec le roi Louis VII et son mariage en 1152 avec le roi Henri II, renforce consid&#233;rablement la pr&#233;sence du fran&#231;ais en Angleterre. C'est le cas notamment pour le vocabulaire politique qui se compl&#232;te &#224; ce moment-l&#224;. On peut citer par exemple le mot &#171; parliament &#187;, le &#171; parlement &#187;, qui vient du fran&#231;ais &#171; parler &#187;, c'est-&#224;-dire litt&#233;ralement l'assembl&#233;e politique o&#249; on parle. Le &#171; gouvernement &#187; a donn&#233; en anglais le mot &#171; government &#187;. On peut citer aussi, dans le gouvernement, le &#171; Chancellor of the Exchequer &#187;, litt&#233;ralement le &#171; Chancelier de l'&#201;chiquier &#187;, qui d&#233;signe le ministre des finances. On peut aussi rappeler l'expression &#171; Prime minister &#187;, le mot &#171; Prime &#187; &#233;tant d&#233;riv&#233; bien s&#251;r du fran&#231;ais &#171; Premier &#187;. Remarquons aussi que si &#171; Roi &#187; se dit &#171; King &#187;, mot d'origine germanique (&#171; K&#246;nig &#187;), &#171; royal &#187; se dit par contre &#171; royal &#187; et vient, lui, du fran&#231;ais. Cet arrivage de nouveaux mots venus de France concerne aussi le vocabulaire religieux, par exemple &#171; cathedral &#187;, &#171; clergy &#187;, &#171; abbey &#187;, &#171; priest &#187;, venant de &#171; cath&#233;drale &#187;, &#171; clerg&#233; &#187;, &#171; abbaye &#187;, &#171; pr&#234;tre &#187;. Il concerne aussi la nourriture, ce qui explique qu'il y a souvent deux mots en anglais pour d&#233;signer l'animal et le plat : par exemple, pour le cochon, le mot &#171; pig &#187; est d'origine celtique mais le mot &#171; pork &#187; est lui d'origine fran&#231;aise ; on peut aussi citer pour le veau le mot d'origine germanique &#171; calf &#187; qui d&#233;signe l'animal tandis que le mot &#171; veal &#187;, d'origine fran&#231;aise, d&#233;signe la viande de veau. En ce qui concerne le sport, m&#234;me le mot &#171; tennis &#187; vient du fran&#231;ais, de &#171; tenez &#187; qui &#233;tait d&#233;clam&#233; par les joueurs du jeu de paume.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_848 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:439px;'&gt;
&lt;img src='http://www.frontenac-ameriques.org/local/cache-vignettes/L439xH329/Hampton_Court-d3f69.jpg' width='439' height='329' alt=&quot;&quot; style='height:329px;width:439px;' /&gt;&lt;/span&gt;
Au 16e si&#232;cle, le fran&#231;ais perd un peu de son intensit&#233; en Angleterre mais la langue anglaise est d&#233;j&#224; proche de celle que l'on conna&#238;t actuellement en ayant int&#233;gr&#233; un nombre consid&#233;rable de mots fran&#231;ais, et le fran&#231;ais reste &#224; la mode. Ainsi, dans la cour du ch&#226;teau d'Hampton Court, r&#233;sidence favorite du roi Henri VIII, roi d'Angleterre de 1509 &#224; 1547, on peut y voir une grande fontaine &#224; vin avec &#224; l'honneur l'expression : &#171; Faicte bonne ch&#232;re quy vouldra &#187;. Le fran&#231;ais est m&#234;me parfois pr&#233;sent de mani&#232;re inattendue dans la toponymie. Ainsi, &#224; Londres, une c&#233;l&#232;bre station de m&#233;tro se nomme &#171; Elephant and Castle &#187;. Il n'est pas rare que de nombreux visiteurs se demandent pourquoi cet &#233;l&#233;phant et ce ch&#226;teau, alors qu'il n'y a ni l'un ni l'autre &#224; cette endroit. En fait, cette appellation est d&#233;riv&#233;e du nom d'une auberge qui se nommait &#171; &#192; l'Infante de Castille &#187; (la m&#232;re de Saint Louis, Blanche de Castille) et qui, vite et mal prononc&#233;e, est devenue &#171; Elephant and Castle &#187; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au fils des si&#232;cles, les dynasties royales britanniques se succ&#232;dent r&#233;guli&#232;rement (rois Normands, Plantagen&#234;t, Stuart, etc.), mais gardent toujours un excellent niveau de fran&#231;ais. Y compris depuis que des familles allemandes occupent le tr&#244;ne du pays : les Hanovre &#224; partir de 1714 puis actuellement les Saxe-Cobourg-Gotha depuis &#201;douard VII. La reine &#201;lisabeth II parle le fran&#231;ais avec aisance, comme peuvent le montrer plusieurs de ses discours publics, par exemple lors du lancement des Jeux Olympiques de Montr&#233;al au Qu&#233;bec en 1976 ou bien plus r&#233;cemment lors d'un discours au S&#233;nat fran&#231;ais &#224; Paris en 2004 pour le centenaire de l'Entente cordiale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/uxQpdHz7t2o&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les linguistes et sp&#233;cialistes recensent qu'environ la moiti&#233; des mots anglais sont d'origine fran&#231;aise. Est-ce que cela aurait d&#251; faciliter pour autant l'apprentissage de nos langues respectives ? Rien n'est moins s&#251;r ! Mais c'est en tous les cas une tr&#232;s belle aventure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si vous souhaitez approfondir sur le sujet, vous pouvez lire l'excellent et distrayant livre de la linguiste Henriette Walter qui s'intitule &lt;i&gt;Honni soit qui mal y pense, l'incroyable histoire d'amour du fran&#231;ais et de l'anglais&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions Robert Laffont, 2001.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nicolas Pr&#233;vost&lt;br&gt;
Professeur d'histoire-g&#233;ographie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>1. 1622, Moli&#232;re, Frontenac et le Tartuffe</title>
		<link>http://www.frontenac-ameriques.org/litterature-et-cinema/article/moliere-frontenac-et-le-tartuffe</link>
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		<dc:date>2013-03-30T14:00:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Pr&#233;vost</dc:creator>



		<description>Deux personnalit&#233;s du 17&#232;me si&#232;cle : Jean-Baptiste Poquelin (1622-1673), plus connu sous le nom de Moli&#232;re, est l'exact contemporain de Louis de Buade, comte de Frontenac ; ils sont n&#233;s tous les deux en 1622. Le plus c&#233;l&#232;bre auteur de th&#233;&#226;tre fran&#231;ais est n&#233; dans la &#171; maison du Pavillon des Singes &#187;, situ&#233;e au croisement de la rue Saint-Honor&#233; et de la rue des Vieilles-&#201;tuves (actuellement rue Sauval) pr&#232;s des Halles dans le centre de Paris. Cette maison portait ce nom en raison d'un poteau d'angle sculpt&#233; (...)

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&lt;a href="http://www.frontenac-ameriques.org/litterature-et-cinema/" rel="directory"&gt;5. Litt&#233;rature et cin&#233;ma&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src='http://www.frontenac-ameriques.org/local/cache-vignettes/L76xH96/arton46-fbfb5.jpg' width='76' height='96' style='height:96px;width:76px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux personnalit&#233;s du 17&#232;me si&#232;cle : Jean-Baptiste Poquelin (1622-1673), plus connu sous le nom de Moli&#232;re, est l'exact contemporain de Louis de Buade, comte de Frontenac ; ils sont n&#233;s tous les deux en 1622.&lt;/strong&gt;
&lt;span class='spip_document_613 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.frontenac-ameriques.org/local/cache-vignettes/L407xH199/Maison_natale_de_Moliere_rue_Saint-Honore_Paris-8ecf1.jpg' width='407' height='199' alt=&quot;&quot; style='height:199px;width:407px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_615 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;width:225px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href='http://www.frontenac-ameriques.org/IMG/jpg/Portrait_de_Moliere_par_Charles-Antoine_Coypel.jpg' title='JPEG - 88.4 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://www.frontenac-ameriques.org/local/cache-vignettes/L225xH276/Portrait_de_Moliere_par_Charles-Antoine_Coypel-2-51ad6.jpg' width='225' height='276' alt='JPEG - 88.4 ko' style='height:276px;width:225px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:225px;'&gt;&lt;strong&gt;Portrait de Moli&#232;re par Charles-Antoine Coypel&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:225px;'&gt;Biblioth&#232;que de la Com&#233;die Fran&#231;aise, Paris
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le plus c&#233;l&#232;bre auteur de th&#233;&#226;tre fran&#231;ais est n&#233; dans la &#171; maison du Pavillon des Singes &#187;, situ&#233;e au croisement de la rue Saint-Honor&#233; et de la rue des Vieilles-&#201;tuves (actuellement rue Sauval) pr&#232;s des Halles dans le centre de Paris. Cette maison portait ce nom en raison d'un poteau d'angle sculpt&#233; qui repr&#233;sentait de jeunes singes qui, grimp&#233;s sur un arbre, secouaient les branches pour en faire tomber les fruits, ramass&#233;s par une vieux singe au pied de l'arbre. La maison est d&#233;truite par son propri&#233;taire en 1802. Une plaque est appos&#233;e sur la fa&#231;ade du 2 rue Sauval donnant rue Saint-Honor&#233; (92-94 rue Saint-Honor&#233;) et rappelle l'emplacement de la maison natale de Moli&#232;re dans l'actuel 1er arrondissement de Paris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fils de Jean Poquelin (1595-1669), tapissier ordinaire de la maison du roi, et de Marie Cress&#233; (1601-1632), femme instruite et &#233;rudite, Jean-Baptiste Poquelin est baptis&#233; le 15 janvier 1622 en l'&#233;glise Saint-Eustache &#224; Paris. Sur son acte de bapt&#234;me catholique, &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Registres_paroissiaux_et_d%27%C3%A9tat_civil_%C3%A0_Paris&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;d&#233;truit avec toutes les archives de Paris par les Communards en 1871&lt;/a&gt; mais heureusement recopi&#233; par plusieurs auteurs et biographes, il est appel&#233; Jean Poquelin (il prend par la suite le nom de Jean-Baptiste pour se distinguer de son p&#232;re et d'un de ses fr&#232;res) :&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;Acte de bapt&#234;me de Moli&#232;re dans le registre paroissial de l'&#233;glise Saint-Eustache &#224; Paris :&lt;/strong&gt;
&lt;dl class='spip_document_617 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;width:300px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.frontenac-ameriques.org/local/cache-vignettes/L300xH173/glise_Saint-Eustache_1620-dfd81.jpg' width='300' height='173' alt='JPEG - 5.8 ko' style='height:173px;width:300px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:300px;'&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;glise Saint-Eustache &#224; Paris en 1620&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:300px;'&gt;Matth&#228;us M&#233;rian, Topographia galliae, BNF
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&#171; Du samedy 15e janvier 1622, fut baptis&#233; Jean, fils de Jean Pouquelin, marchant tapissier, et de Marie Cres&#233;, sa femme, demeurant rue Sainct-Honor&#233;. Le parin Jean-Louis Pouquelin, porteur de grains, la marine Denis Lescacheux, veuve de Sebastien Asselin, vivant maistre tapissier. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le samedi 15 janvier 1622 fut baptis&#233; Jean, fils de Jean Poquelin, marchand tapissier, et de Marie Cress&#233;, sa femme, demeurant rue Saint-Honor&#233;. Le parrain Jean-Louis Poquelin, porteur de grains, la marraine Denise Lescacheux, veuve de S&#233;bastien Asselin, vivant ma&#238;tre tapissier. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le parrain, Jean-Louis Poquelin, est le grand-p&#232;re paternel de Moli&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La marraine, Denise Lecacheux, est l'arri&#232;re-grand-m&#232;re maternelle de Moli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir de 1644 que Jean-Baptiste Poquelin commence &#224; se faire appeler Moli&#232;re, puis il se marie le 20 f&#233;vrier 1662 en l'&#233;glise Saint-Germain-l'Auxerrois &#224; Paris. Les signatures ont &#233;t&#233; reproduites par l'archiviste Auguste Jal (1795-1873) dans son &lt;i&gt;Dictionnaire critique de biographie et d'histoire&lt;/i&gt; (1872), &lt;a href=&quot;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5441746s&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;consultable en ligne sur le site Gallica de la BNF&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;&lt;dl class='spip_document_612 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.frontenac-ameriques.org/local/cache-vignettes/L500xH118/Signature_de_Moliere_Jean_Baptiste_Poquelin_Armande_Bejart_Paris-8b3ee.jpg' width='500' height='118' alt='JPEG - 60.7 ko' style='height:118px;width:500px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Signature de Moli&#232;re sur son acte de mariage dans le registre paroissial de l'&#233;glise Saint-Germain-l'Auxerrois &#224; Paris.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a vu dans l'article qui lui est consacr&#233;, Louis de Buade comte de Frontenac na&#238;t quelques mois apr&#232;s Moli&#232;re, le 12 mai 1622, et il est baptis&#233; le 30 juillet 1623 au ch&#226;teau de Saint-Germain-en-Laye avec le roi de France Louis XIII pour parrain.&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos de Saint-Germain-en-Laye, dans les registres paroissiaux de cette paroisse, on trouve la signature de Moli&#232;re pour le bapt&#234;me de Jeanne Catherine Pitel en date du 15 novembre 1670.&lt;/strong&gt; Moli&#232;re signe, en bas &#224; droite de l'acte, &#171; &lt;strong&gt;J. B. P. Moli&#232;re&lt;/strong&gt; &#187; et il est qualifi&#233; de &#171; tapissier et valet de chambre ordinaire du Roy &#187;.
&lt;dl class='spip_document_618 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href='http://www.frontenac-ameriques.org/IMG/jpg/Moliere_bapteme_Catherine_Pitel_Saint-Germain-en-Laye.jpg' title='JPEG - 109.8 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://www.frontenac-ameriques.org/local/cache-vignettes/L500xH296/Moliere_bapteme_Catherine_Pitel_Saint-Germain-en-Laye-2-cf8ed.jpg' width='500' height='296' alt='JPEG - 109.8 ko' style='height:296px;width:500px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Registre paroissial de l'&#233;glise Saint-Germain &#224; Saint-Germain-en-Laye&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Archives d&#233;partementales des Yvelines
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_614 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:180px;'&gt;
&lt;img src='http://www.frontenac-ameriques.org/local/cache-vignettes/L180xH329/Le_Tartuffe_de_Moliere-c9855.jpg' width='180' height='329' alt=&quot;&quot; style='height:329px;width:180px;' /&gt;&lt;/span&gt;
On ne sait pas si ces deux personnalit&#233;s se sont rencontr&#233;es. On sait par contre qu'en Nouvelle-France, pendant l'hiver 1693-1694, alors que Frontenac effectue son deuxi&#232;me mandat de gouverneur, se produit &#171; L'Affaire du Tartuffe &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En cette fin de 17&#232;me si&#232;cle, pendant le carnaval de Qu&#233;bec, les autorit&#233;s de la Nouvelle-France finan&#231;aient diverses r&#233;jouissances et divertissements pour occuper la population pendant l'hiver, notamment des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre au ch&#226;teau Saint-Louis. Pendant l'hiver 1693, succ&#233;dant &#224; une ann&#233;e sans guerre, on d&#233;cide de c&#233;l&#233;brer un carnaval plus grandiose qu'&#224; l'ordinaire. Jacques de Mareuil, lieutenant arriv&#233; &#224; Qu&#233;bec pendant l'&#233;t&#233; 1693, propose de jouer au th&#233;&#226;tre en montant d'abord &lt;i&gt;Nicod&#232;me&lt;/i&gt; de Corneille et &lt;i&gt;Mithridate&lt;/i&gt; de Racine, pi&#232;ces &#224; succ&#232;s en France et qui remportent le m&#234;me succ&#232;s en Nouvelle-France. Mareuil propose &#233;galement de monter &lt;i&gt;Le Tartuffe&lt;/i&gt; de Moli&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le 16 janvier 1694, Monseigneur Jean-Baptiste de Saint-Vallier (1653-1727), &#233;v&#234;que de Qu&#233;bec et successeur de Monseigneur Fran&#231;ois de Laval (1623-1708), proteste contre la mauvaise influence que la pi&#232;ce de Moli&#232;re pourrait avoir sur la population et demande aux cur&#233;s de Nouvelle-France une condamnation ferme de cette initiative du lieutenant Mareuil et m&#234;me du th&#233;&#226;tre en g&#233;n&#233;ral. Le 19 janvier, Mareuil, prot&#233;g&#233; par Frontenac, pr&#233;sente &#224; Jean Bochart de Champigny (1645-1720), intendant de la Nouvelle-France, une requ&#234;te exigeant que le p&#232;re Fran&#231;ois Dupr&#233; (1648-1720), cur&#233; de Qu&#233;bec, lui fournisse une copie du sermon donn&#233; &#224; la messe paroissiale mais le cur&#233; refuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'affaire est alors port&#233;e devant le Conseil souverain de la Nouvelle-France. L'&#233;v&#234;que de Qu&#233;bec accuse le lieutenant-com&#233;dien d'impi&#233;t&#233;s, d'impuret&#233;s scandaleuses, de manque de respect envers la foi, de discours contre Dieu, la Vierge et les saints. Le Conseil souverain demande quelques semaines pour r&#233;fl&#233;chir devant une d&#233;cision qui risque de d&#233;plaire dans un cas &#224; l'&#201;glise et dans l'autre aux militaires et bien s&#251;r &#224; Frontenac. Impatient, Jacques de Mareuil, le 15 mars 1694, exige par &#233;crit que le Conseil souverain se prononce et qu'il d&#233;clare nul et abusif le mandement qui a &#233;t&#233; lu contre lui dans la cath&#233;drale de Qu&#233;bec. Sur ce, le Conseil ordonne l'arrestation de Mareuil et demande &#224; l'&#233;v&#234;que de produire les mandements en cause. Parti alors en campagne militaire, Mareuil est arr&#234;t&#233; le 14 octobre &#224; son retour et on interdit au prisonnier de communiquer avec qui que ce soit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Entre temps, pour la somme de 100 pistoles, Monseigneur de Saint-Vallier obtient de Frontenac, qui soutenait toutefois Mareuil et la pi&#232;ce de Moli&#232;re, de ne plus diffuser &lt;i&gt;Le Tartuffe&lt;/i&gt;. Pourtant, le 29 novembre, le gouverneur Frontenac intervient devant le Conseil souverain de la Nouvelle France et d&#233;clare que la cause a &#233;t&#233; mal conduite, &#171; qu'il s'y est m&#234;l&#233; beaucoup de partialit&#233;s, de caballes et de passions particuli&#232;res &#187; et admet qu'aucune preuve n'a &#233;t&#233; apport&#233;e contre l'accus&#233;. Jacques de Mareuil est donc remis en libert&#233; et renvoy&#233; en France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Affaire du Tartuffe marque la disparition d'une certaine tradition th&#233;&#226;trale en Nouvelle-France mais le th&#233;&#226;tre n'y cesse pas pour autant. Les &#233;crits de Moli&#232;re, gr&#226;ce &#224; Frontenac, ont donc fait une premi&#232;re incursion en Nouvelle-France en 1693-1694, et y seront surtout jou&#233; de nouveau &#224; partir de la fin du 18&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;1622-2022&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
En 2022, on pourra c&#233;l&#233;brer cette m&#234;me ann&#233;e le quadricentenaire de la naissance de Moli&#232;re et celui de la naissance de Frontenac !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>20. Nos lectures !</title>
		<link>http://www.frontenac-ameriques.org/litterature-et-cinema/article/nos-critiques</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.frontenac-ameriques.org/litterature-et-cinema/article/nos-critiques</guid>
		<dc:date>2009-09-17T22:31:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hendy Abdoul-D&#233;chelotte, Nicolas Pr&#233;vost</dc:creator>



		<description>Cette page rassemble les critiques de livres que nous avons lus ou des musiques que nous avons &#233;cout&#233;es.

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette page rassemble les critiques de livres que nous avons lus ou des musiques que nous avons &#233;cout&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>10. Bibliographie francophone antillaise</title>
		<link>http://www.frontenac-ameriques.org/litterature-et-cinema/article/bibliographie-francophone</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.frontenac-ameriques.org/litterature-et-cinema/article/bibliographie-francophone</guid>
		<dc:date>2009-09-17T21:09:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hendy Abdoul-D&#233;chelotte</dc:creator>



		<description>[hautcontact@frontenac-ameriques.org] ! Vous trouverez ci-dessous des livres &#171; indispensables &#187; puis des romans class&#233;s par r&#233;gions : romans de Guadeloupe/Martinique, de Guyane et d'Ha&#239;ti. Index des auteurs C Aim&#233; C&#233;saire Patrick Chamoiseau Maryse Cond&#233; D Ren&#233; Depestre F Frantz Fanon G &#201;douard Glissant J Berth&#232;ne Juminer L Danny Laferri&#232;re M Daniel Maximin P Gis&#232;le Pineau R Jacques Roumain S Andr&#233; Schwartz-Bart Simone Schwartz-Bart Z Roger (...)

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&lt;a href="http://www.frontenac-ameriques.org/litterature-et-cinema/" rel="directory"&gt;5. Litt&#233;rature et cin&#233;ma&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;haut&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette page regroupe quelques livres marquants de la litt&#233;rature antillaise en langue fran&#231;aise. Si vous avez un coup de c&#339;ur, n'h&#233;sitez pas &#224; &lt;a href=&quot;mailto:contact@frontenac-ameriques.org&quot; class='spip_mail'&gt;nous le proposer&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous trouverez ci-dessous des livres &#171; &lt;a href=&quot;#indispensables&quot; class='spip_ancre'&gt;indispensables&lt;/a&gt; &#187; puis des romans class&#233;s par r&#233;gions : romans de &lt;a href=&quot;#gwadamartinique&quot; class='spip_ancre'&gt;Guadeloupe/Martinique&lt;/a&gt;, de &lt;a href=&quot;#guyane&quot; class='spip_ancre'&gt;Guyane&lt;/a&gt; et d'&lt;a href=&quot;#haiti&quot; class='spip_ancre'&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Index des auteurs&lt;/h3&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; C&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&quot;#cesaire&quot; class='spip_ancre'&gt;Aim&#233; C&#233;saire&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&quot;#chamoiseau&quot; class='spip_ancre'&gt;Patrick Chamoiseau&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&quot;#conde&quot; class='spip_ancre'&gt;Maryse Cond&#233;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&quot;#depestre&quot; class='spip_ancre'&gt;Ren&#233; Depestre&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; F&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&quot;#fanon&quot; class='spip_ancre'&gt;Frantz Fanon&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; G&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&quot;#glissant&quot; class='spip_ancre'&gt;&#201;douard Glissant&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; J&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&quot;#juminer&quot; class='spip_ancre'&gt;Berth&#232;ne Juminer&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&quot;#laferriere&quot; class='spip_ancre'&gt;Danny Laferri&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; M&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&quot;#maximin&quot; class='spip_ancre'&gt;Daniel Maximin&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; P&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&quot;#pineau&quot; class='spip_ancre'&gt;Gis&#232;le Pineau&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; R&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&quot;#roumain&quot; class='spip_ancre'&gt;Jacques Roumain&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; S&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&quot;#andreschwartz&quot; class='spip_ancre'&gt;Andr&#233; Schwartz-Bart&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&quot;#simoneschwartz&quot; class='spip_ancre'&gt;Simone Schwartz-Bart&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Z&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&quot;#zobel&quot; class='spip_ancre'&gt;Roger Zobel&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;indispensables&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#171; indispensables &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;cesaire&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Aim&#233; C&#233;saire&lt;/h4&gt;(Basse-Pointe, Martinique, 26 juin 1913 - Fort-de-France, Martinique, 17 avril 2008)
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Cahier d'un retour au pays natal&lt;/i&gt;, &#233;dition Pr&#233;sence Africaine&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Discours sur le colonialisme&lt;/i&gt;, &#233;dition Pr&#233;sence Africaine &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;fanon&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Frantz Fanon&lt;/h4&gt;(Fort-de-France, Martinique, 20 juillet 1925 - Washington, &#201;tats-Unis, 6 d&#233;cembre 1961)
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Les condamn&#233;s de la terre&lt;/i&gt;, &#233;dition La D&#233;couverte, Poche Essai&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Peau noire, masque blanc&lt;/i&gt;, &#233;dition Seuil, Poche Essai &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;glissant&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;&#201;douard Glissant&lt;/h4&gt;(Sainte-Marie, Martinique, 21 septembre 1928 - Paris, 3 f&#233;vrier 2011)
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le discours antillais&lt;/i&gt;, &#233;dition Folio Essais&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;#haut&quot; class='spip_ancre'&gt;Retour en haut de la page&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;gwadamartinique&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Romans de Guadeloupe et Martinique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;conde&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Maryse Cond&#233;&lt;/h4&gt;(Pointe-&#224;-Pitre, Guadeloupe, 11 f&#233;vrier 1937)
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Moi Tituba sorci&#232;re&lt;/i&gt;, &#233;dition Gallimard&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Segou en deux tomes&lt;/i&gt;, &#233;dition Pocket Poche&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Celanire cou coup&#233;&lt;/i&gt;, &#233;dition Pocket Poche &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;maximin&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Daniel Maximin&lt;/h4&gt;(Saint-Claude, Guadeloupe, 9 avril 1947)
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Soufri&#232;res&lt;/i&gt;, &#233;dition Seuil &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;chamoiseau&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Patrick Chamoiseau&lt;/h4&gt;(Fort-de-France, Martinique, 3 d&#233;cembre 1953)
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Texaco&lt;/i&gt;, &#233;dition Gallimard Poche&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Biblique des derniers gestes&lt;/i&gt;, &#233;dition Gallimard Poche&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;L'esclave et le molosse&lt;/i&gt;, &#233;dition Gallimard &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;zobel&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Joseph Zobel&lt;/h4&gt;(Rivi&#232;re-Sal&#233;e, Martinique, 26 avril 1915 - Al&#232;s, Gard, 17 juin 2006)
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La rue case-n&#232;gre&lt;/i&gt;, &#233;dition Pr&#233;sence Africaine Poche &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;pineau&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Gis&#232;le Pineau&lt;/h4&gt;(Paris, 1956)
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Femmes des Antilles&lt;/i&gt;, collection Stock (t&#233;moignages)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La grande drive des esprits&lt;/i&gt;, &#233;dition Le Serpent &#224; Plume &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;andreschwartz&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Andr&#233; Schwartz-Bart&lt;/h4&gt;(Metz, Moselle, 23 mai 1928 - Pointe-&#224;-Pitre, Guadeloupe, 30 septembre 2006)
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La mul&#226;tresse solitude&lt;/i&gt;, &#233;dition Seuil, Poche &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;simoneschwartz&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Simone Schwartz-Bart&lt;/h4&gt;(Saintes, Charente-Maritime, 1er ao&#251;t 1938)
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Pluie et vent sur T&#233;lum&#233;e Miracle&lt;/i&gt;, &#233;dition Seuil, Poche &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;#haut&quot; class='spip_ancre'&gt;Retour en haut de la page&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;guyane&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Romans de Guyane&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;juminer&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Bert&#232;ne Juminer&lt;/h4&gt;(Cayenne, Guyane fran&#231;aise, 6 ao&#251;t 1927 - Trois-Rivi&#232;res, Guadeloupe, 26 mars 2003)
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Au seuil d'un nouveau cri&lt;/i&gt;, &#233;dition Pr&#233;sence Africaine &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;#haut&quot; class='spip_ancre'&gt;Retour en haut de la page&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;haiti&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Romans d'Ha&#239;ti&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;roumain&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Jacques Roumain&lt;/h4&gt;(Port-au-Prince, Ha&#239;ti, 4 juin 1907 - Port-au-Prince, Ha&#239;ti, 18 ao&#251;t 1944)
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le gouverneur de la ros&#233;e&lt;/i&gt;, &#233;dition Le Temps des Cerises &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;laferriere&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Dany Laferri&#232;re&lt;/h4&gt;(Port-au-Prince, Ha&#239;ti, 13 avril 1953)
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Cette grenade dans la main du jeune n&#232;gre est-elle une arme ou un fruit ?&lt;/i&gt;, &#233;dition Le Serpent &#224; Plume&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;L'odeur du caf&#233;&lt;/i&gt;, &#233;dition Le Serpent &#224; Plume, collection Motifs&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Pays sans chapeau&lt;/i&gt;, &#233;dition Le Serpent &#224; Plume, collection Motifs&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le charme des apr&#232;s-midi sans fin&lt;/i&gt;, &#233;dition Le Serpent &#224; Plume, collection Motifs&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le cri des oiseaux fous&lt;/i&gt;, &#233;dition Le Serpent &#224; Plume, collection Motifs&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La chair du ma&#238;tre&lt;/i&gt;, &#233;dition Le Serpent &#224; Plume, collection Motifs&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Comment faire l'amour &#224; un n&#232;gre sans se fatiguer ?&lt;/i&gt;, &#233;dition Le Serpent &#224; Plume, collection Motifs&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Le go&#251;t des jeunes filles&lt;/i&gt;, &#233;dition VLB&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Chronique de la d&#233;rive douce&lt;/i&gt;, &#233;dition VLB &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;depestre&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Ren&#233; Depestre&lt;/h4&gt;(Jacmel, Ha&#239;ti, 29 ao&#251;t 1926)
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Hadriana dans tous mes r&#234;ves&lt;/i&gt;, &#233;dition Gallimard &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;#haut&quot; class='spip_ancre'&gt;Retour en haut de la page&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>5. La litt&#233;rature des Antilles fran&#231;aises</title>
		<link>http://www.frontenac-ameriques.org/litterature-et-cinema/article/la-litterature-des-antilles</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.frontenac-ameriques.org/litterature-et-cinema/article/la-litterature-des-antilles</guid>
		<dc:date>2009-09-17T20:35:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hendy Abdoul-D&#233;chelotte</dc:creator>



		<description>L'&#233;criture antillaise est une litt&#233;rature riche et malheureusement trop peu promue. Elle joue d'ailleurs un r&#244;le important dans la promotion de la langue fran&#231;aise. Tr&#232;s souvent, cette litt&#233;rature s'inspire du pass&#233; de l'esclavage et des troubles d'identit&#233; de la population antillaise. Il existe diff&#233;rents courants litt&#233;raires, vari&#233; et compl&#233;mentaires, chacun repr&#233;sent&#233; par un &#233;crivain chef de file. La N&#233;gritude est un courant litt&#233;raire, n&#233; dans les ann&#233;es 1950, fond&#233; par le po&#232;te martiniquais Aim&#233; (...)

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&lt;a href="http://www.frontenac-ameriques.org/litterature-et-cinema/" rel="directory"&gt;5. Litt&#233;rature et cin&#233;ma&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;criture antillaise est une litt&#233;rature riche et malheureusement trop peu promue. Elle joue d'ailleurs un r&#244;le important dans la promotion de la langue fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tr&#232;s souvent, cette litt&#233;rature s'inspire du pass&#233; de l'esclavage et des troubles d'identit&#233; de la population antillaise. Il existe diff&#233;rents courants litt&#233;raires, vari&#233; et compl&#233;mentaires, chacun repr&#233;sent&#233; par un &#233;crivain chef de file.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La &lt;strong&gt;N&#233;gritude&lt;/strong&gt; est un courant litt&#233;raire, n&#233; dans les ann&#233;es 1950, fond&#233; par le po&#232;te martiniquais Aim&#233; C&#233;saire, l'homme de lettres s&#233;n&#233;galais L&#233;opold S&#233;dar Senghor et le po&#232;te guyanais L&#233;on Gontran Damas. Ce courant recouvre trois influences : la philosophie des lumi&#232;res, le panafricanisme et le marxisme.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_265 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href='http://www.frontenac-ameriques.org/IMG/jpg/Aime_Cesaire_Leopold_Sedar_Senghor_Leon_Gontran_Damas_.jpg' title='JPEG - 20.7 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://www.frontenac-ameriques.org/local/cache-vignettes/L442xH186/Aime_Cesaire_Leopold_Sedar_Senghor_Leon_Gontran_Damas_-2-f72db.jpg' width='442' height='186' alt='JPEG - 20.7 ko' style='height:186px;width:442px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Aim&#233; C&#233;saire, L&#233;opold S&#233;dar Senghor et L&#233;on Gontran Damas&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e principale de ce courant est la promotion de la culture et de la civilisation noire face au monde occidental qui les avait jusque l&#224; d&#233;valoris&#233;es. Il veut affirmer l'existence d'une &#171; identit&#233; n&#232;gre &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aim&#233; C&#233;saire, par exemple, aborde dans ses livres le th&#232;me du h&#233;ros noir, du colonialisme, de l'&#233;mancipation et de l'Afrique m&#232;re patrie. Aujourd'hui des &#233;crivains tel que Daniel Maximin, ou le po&#232;te et romancier Bert&#232;ne Juminer ainsi que Xavier Orville romanciers latino-am&#233;ricains influenc&#233; par le surr&#233;alisme, s'inspirent de son oeuvre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien entendu, le courant de la N&#233;gritude a ses d&#233;tracteurs comme Frantz Fanon. Dans son essai Peau noire, masque blanc, paru au d&#233;but des ann&#233;es 1950, ce m&#233;decin psychiatre d'origine martiniquaise &#233;tudie les cons&#233;quences humaines du colonialisme et du racisme. Il remet en cause l'id&#233;e d'identit&#233; noire africaine qu'il trouve trop r&#233;ductrice.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&lt;strong&gt;Antillanit&#233;&lt;/strong&gt; est un courant cr&#233;&#233; par &#201;douard Glissant dans les ann&#233;es 1960. Cette fois-ci, l'id&#233;e n'est pas de promouvoir une identit&#233; africaine mais antillaise. L'objectif est alors d'int&#233;grer l'histoire de l'esclavage, l'h&#233;ritage africain et la langue cr&#233;ole et de se les r&#233;approprier. Maryse Cond&#233; s'est int&#233;ress&#233;e au courant de la n&#233;gritude puis &#224; l'antillanit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La &lt;strong&gt;Cr&#233;olit&#233;&lt;/strong&gt; litt&#233;raire est un courant dans la continuit&#233; de la n&#233;gritude et de l'antillanit&#233;. Ses repr&#233;sentants sont Patrick Chamoiseau et Rapha&#235;l Confiant. Son ambition est de cr&#233;er un message universel &#224; travers l'&#233;tude des diff&#233;rents peuples antillais et de l'histoire des Antilles. Par exemple, Patrick Chamoiseau s'oppose &#224; l'id&#233;e d'une identit&#233; blanche ou n&#232;gre et pr&#244;ne la diversit&#233; culturelle. Gis&#232;le Pineau, proche de ce mouvement, impose son style et son regard sur la condition de la femme antillaise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;Conte&lt;/strong&gt; est n&#233; au XVI&#232;me si&#232;cle dans les habitations coloniales. La nuit tomb&#233;e, le &#171; ma&#238;tre b&#233;k&#233; &#187; permettait aux esclaves de se r&#233;unir pour &#233;couter celui qui allait leur raconter des histoires : le conteur. Le conte avait pour fonction de distraire et d'amuser. Il &#233;tait aussi une parole de r&#233;sistance o&#249; l'on pouvait entendre des paroles et messages interdits. C'est pour cela que l'on trouve souvent dans les r&#233;cits beaucoup d'onomatop&#233;es, des dialogues incessants entre le conteur et l'assistance. Le conteur intervient encore aujourd'hui dans les veill&#233;es mortuaires pour capter l'attention des personnes venues soutenir la famille du d&#233;funt. Il d&#233;livre des comptines, des histoires dr&#244;les, des devinettes, par exemple :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &#171; Y&#233;&#233;&#233;-Krik ? &#187; hurle le conteur ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#171; Y&#233;&#233;&#233;- Krak ! &#187; doit r&#233;pondre l'assembl&#233;e ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#171; Kout&#233; pou tann tann pou konpwan m&#233; pa m&#233;l&#233; non mwen adan bagay la sa... &#187; (&#201;coutez pour entendre, entendez pour comprendre mais ne me m&#234;lez pas &#224; ces choses l&#224;...)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le conte met en sc&#232;ne des humains ou des animaux. Les h&#233;ros r&#233;currents sont :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Ti-jean (&#171; petit jean &#187;, repr&#233;sente la fragilit&#233;, la faiblesse et la ruse) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Misy&#233; Li Wa (&#171; Monsieur le roi &#187;, symbolisant le ma&#238;tre de la plantation) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Manman Dlo (&#171; maman l'eau &#187;, la sir&#232;ne) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Comp&#232;re lapin (le lapin repr&#233;sente la malice, le cynisme, et la d&#233;brouillardise) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Comp&#232;re Zamba (&#233;l&#233;phant symbolisant l'esclave travaillant dans les champs de canne). &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;Roman&lt;/strong&gt; r&#233;aliste est n&#233; avec Ren&#233; Bonneville. Son but est de d&#233;crire la soci&#233;t&#233; antillaise et son mode de vie. Puis Joseph Zobel, avec La rue case n&#232;gre, nous montre le petit peuple des Antilles durant la p&#233;riode Vichyste. Son &#339;uvre sera consid&#233;r&#233; comme une critique du syst&#232;me politique, social et &#233;conomique mis en place sous la France occup&#233;e. De nos jours, Tony Delsham s'inscrit aussi dans le courant r&#233;aliste.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_267 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;width:201px;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href='http://www.frontenac-ameriques.org/IMG/jpg/Frantz_Fanon.jpg' title='JPEG - 11.1 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://www.frontenac-ameriques.org/local/cache-vignettes/L201xH333/Frantz_Fanon-2-2348a.jpg' width='201' height='333' alt='JPEG - 11.1 ko' style='height:333px;width:201px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Voici quelques livres pour d&#233;couvrir la litt&#233;rature antillaise (liste non exhaustive !) :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Aim&#233; C&#233;saire : Cahier d'un retour au pays natal et Discours sur le colonialisme&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Frantz Fanon : Peau noire, masques blancs&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Patrick Chamoiseau : Texaco&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Maryse Cond&#233; : Segou&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Joseph Zobel : La rue case n&#232;gre&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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